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La Poste : Timbre René Mouchotte

11 septembre 2023 / Aviation


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Un nouveau timbre qui célèbre la figure emblématique des pilotes des Forces Françaises Libres, évadés en Grande Bretagne, qui ont rejoint le Général de Gaulle et les alliés. Mort au combat ! Un hommage plus que mérité !.

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René Mouchotte. La Poste France 2023.

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Le timbre d’une valeur de 8,75 € est émis dans la série Poste Aérienne. Son tirage est de 400 000 exemplaires. Il a été dessiné par Pierre-André Cousin, Peintre de l’Air et de l’Espace.

Le même artiste a précédemment dessiné le timbre hommage à Caroline Aigle en 2014, celui du Normandie-Niemen (en 2017) et un précédent timbre consacré à la Patrouille de France (en 2008).

Dans sa présentation, le GCA Philippe Moralès, major général de l’Armée de l’Air n’a pas manqué de rappeler que Mouchotte était un « aviateur passionné, un combattant déterminé qui a refusé d’abdiquer » et qui « à l’instar de Guynemer, Mermoz et Saint-Exupéry a disparu en mission, sans témoin. ».

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Octobre 1941, les FAFL accueillent le Général de Gaulle. Des trois aviateurs, Mouchotte, Choron et Maridor, aucun ne survivra au conflit.
© Armée de l’Air.

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Aérobuzz :.

Le 27 août 1943, le commandant Mouchotte, patron du Squadron 341 « Alsace » de la France Libre disparaissait en combat aérien au-dessus de la Manche. Il avait fait partie des premiers aviateurs à répondre à l’appel du Général de Gaulle. Sa perte fut durement ressentie au sein des forces françaises mais c’est sans doute grâce à la littérature que son souvenir reste encore présent.

L’aviateur est pourtant l’une des plus grandes personnalités de l’aviation française. Piégé en Afrique du Nord sans avoir combattu, il s’évade vers Gibraltar depuis Oran le 30 juin 1940 avec la ferme intention de poursuivre le combat. Le petit groupe auquel il appartient, et au sein duquel se trouve Henry Lafont et Emile Fayolle, autres futures très grandes figures des FAFL, s’est emparé de deux Caudron, un Simoun et surtout un Goéland dont la régulation des pas d’hélices avaient été sciemment saboté pour empêcher les défections. Mais ce ne fut pas suffisant pour stopper ces jeunes hommes résolus.

Français libre de la toute première heure, il est fait compagnon de la Libération en juillet 1942 et combat en Grande Bretagne au sein de la RAF puis des FAFL, sur Hurricane et Spitfire. Son palmarès n’est pas très impressionnant, tout juste trois victoires aériennes (un Ju-88, un Fw-190 et un Bf-109) mais celle du 15 mai 1943 a un retentissement fantastique. Le français s’est vu attribuer la 1000e victoire aérienne du Wing basé à Biggin Hill, au sud de Londres.

Il joua surtout un rôle essentiel dans la création et le commandement des premières unités de chasse françaises où son talent de meneur d’hommes ne laissa personne indifférent.

Le prix a payer était exorbitant. Au front inlassablement depuis 3 ans, lorsqu’arrive la fin août 1943, Mouchotte est épuisé. Mais il continue d’assurer ses missions de combat et le commandement de son unité. Ce 27 août, il a pour ailier un jeune pilote très doué et très prometteur, Pierre Clostermann.

Il sera, ensuite, beaucoup reproché à Clostermann d’avoir perdu son charismatique leader, une blessure impossible à refermer. Mais ce 27 août 1943, Mouchotte ne rentre pas. Et Clostermann, sur le banc des accusés, n’aura pas d’autre choix que quitter le Squadron 341 dès le mois suivant pour rejoindre une unité régulière de la RAF.

Mouchotte n’avait pas laissé qu’un grand souvenir de meneur d’hommes d’exception. Dans ses affaires on retrouva 8 petits carnets à couverture de cuir remplis d’une écriture serrée relatant ces années de combat et de devoir. Les derniers mots qu’on peut y lire disaient : « Je suis toujours aussi éreinté, demain matin, je repars ! »

A la libération, les Carnets de René Mouchotte, publiés par Flammarion talonnèrent les ventes du Grand Cirque de Clostermann du même éditeur et publié l’année précédente.

Le destin des deux hommes devait donc être lié à jamais. Son récit sobre mais détaillé est à l’opposée du texte trépidant du Grand Cirque. Pourtant, les deux ouvrages se complètent, se répondent et racontent des trajectoires incroyables, celles des hommes qui ont eu l’envie de dire non !

J’ai eu la chance de tenir l’un de ces carnets originaux entre mes mains à l’époque où le SHAA (SHD aujourd’hui) travaillait sur l’édition de leur intégralité (Mes Carnets, Commandant René Mouchotte, SHAA, novembre 2000) et ce n’est pas sans une certaine émotion que je reconnais le privilège qui m’a été donné ce jour-là.

Le corps de Mouchotte fut retrouvé sur une plage de Belgique quelques jours après sa dernière mission. Il fut inhumé anonymement puis identifié après guerre et rapatrié au caveau familial du Père Lachaise en 1949. Il totalisait 1748 heures de vol, dont 408 au cours de 382 missions de guerre.

La rue du Commandant Mouchotte longe la gare Montparnasse à Paris mais la base aérienne qui portait son nom, la BA 103 de Cambrai, a fermé.